JB Morin de Villefranche sa vie et son oeuvre


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Morin de Villefranche   _______________________
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S
a vie et son oeuvre
Jean-Baptiste Morin de Villefranche est sans conteste l’un des plus grands astrologues occidentaux du 17e siècle. On lui doit le remaniement des principes de l’astrologie au niveau de l’interprétation et des techniques de révolutions, de transits et de directions.

C’est à travers ses enseignements regroupés dans « l’Astrologia Gallica » que l’astrologie occidentale a pu se développer telle que nous la connaissons aujourd’hui. Il peut donc être considéré comme un des pères fondateurs de l’astrologie moderne.

Nous allons d’abord tenter d’en savoir plus sur l’homme et sa biographie, sur ses opinions, puis nous mettrons en avant ses nombreuses contributions en expliquant, par l’exemple, comment il a révolutionné l’astrologie de son temps.

 

1. Biographie
2. Ses prises de positions
3. Ses contributions astrologiques
4. Mystère autour de Morin
5. Synthèse, bibliographie et sources


I. Biographie

Jean-Baptiste Morin de Villefranche est né, comme son épithète historique l’indique, à Villefranche sur Saône, dans le Beaujolais, le 23 février 1583, dans une famille apparemment bien nantie.

Dès l’âge de 12 ans, J.-B. Morin connaît de grandes épreuves puisque son père est gravement malade tandis que sa mère meurt après un accouchement. Par ailleurs, celle-ci voulait le déshériter et lui refusait sa bénédiction suite à une demande incongrue de son frère, à savoir : «Si tu devais choisir entre la vie de ton père ou celle de ta mère, laquelle choisirais-tu ?». Question existentielle à laquelle Morin, insouciant, avait répondu : «La vie de mon père».

Entre 16 et 46 ans, il vit, selon ses propres termes, une période d’esclavage permanent, servant l’un après l’autre 16 maîtres qu’il abandonne, non sans souffrance, suite à l’arrogance et à la méchanceté de leurs femmes ou suite à des circonstances imprévues. C’est surtout entre 21 et 37 ans qu’il est affligé d’innombrables misères : maladies, préjudices, infortunes et périls mortels.

Morin fait ses études à Aix et à Avignon, où il obtient son diplôme en 1613. Médecin et mathématicien, il fait plusieurs voyages en Allemagne, en Bohême et en Hongrie pour le compte de Claude Dorme (évêque de Boulogne) qu’il sert de 1614 à 1621. Il rencontre à cette époque l’alchimiste et astrologue écossais Davison qui lui fait connaître l’astrologie qu’il va étudier, contraint, selon ses dires, par son employeur d’alors.

En 1624, il approche la philosophie d’Aristote et publie une réfutation sur ses quatorze thèses alchimiques qui suscite la colère de la Sorbonne et du Parlement de Paris. Après l’emprisonnement de l’évêque de Boulogne et jusqu’en 1629, Morin est au service du duc de Luxembourg.

En 1630, Morin est appelé au Collège de France pour exercer comme professeur de mathématiques et écrit à cette époque : «La meilleure méthode pour déterminer les longitudes pour les navigateurs» qu’il défendit en 1634 et qui sera acceptée puis refusée 10 jours plus tard du fait de l’intervention du cardinal de Richelieu. Il tentera de diffuser en vain sa découverte dans toute l’Europe, auprès d’astronomes réputés. Morin publie les lettres échangées en 1636 et, faute d’être reconnu pour son travail, son nom est désormais quand même connu dans toute l’Europe.

À partir de cette époque, sa réputation d’astrologue se répand dans les milieux judiciaires. Et c’est en 1638 qu’il est appelé dans l’appartement royal pour y dresser l’horoscope du futur grand monarque Louis XIV.
 
Vautier, médecin de Louis XIV, essaye alors de le faire nommer au titre d’astrologue royal, mais sa proposition n’aboutit pas. Il y avait bien des décrets français de 1493, 1559 et 1570 (1) contre l’astrologie, mais ils semblaient lettres mortes. Morin lui-même nous dit qu’il doit à l’astrologie sa nomination en 1629 (par Marie de Médicis) à un poste de professeur de mathématiques.
 
Après la mort de Richelieu, Morin décide de faire valoir son injustice concernant sa découverte, laquelle lui aurait normalement valu une récompense et il finit par obtenir de Mazarin une pension de 2000 livres plus 1000 livres du Trésor Royal le 8 avril 1645. Il rédige durant les dernières années de sa vie une œuvre monumentale «l’Astrologia Gallica», composée de 26 livres en langue latine et dans laquelle il expose sa vie, ses recherches, ses critiques et ses combats. Ce manuscrit est terminé en 1648, mais n’est publié dans son intégralité que plusieurs années après sa mort, en 1661, avec l’aide de la reine de Pologne et de Suède, en remerciement de ses services. Cependant, il semble que les 14 premiers livres, qui traitent peu d’astrologie, mais davantage de foi, abordant notamment les questions de la création et de la physique, auraient déjà été publiés en 1659.

Notons cette anecdote : au milieu du mois d’octobre 1656, une chiromancienne renommée informe Morin qu’il doit mettre ses affaires en ordre de manière urgente et refuse de lui prédire son avenir. Morin avait déjà remarqué dans son thème que cette année était chargée et il ne voyait pas comme y remédier. Bien qu’il soit en bonne santé, un peu plus d’une semaine plus tard, il est pris d’une forte fièvre. Il dit à ses médecins de ne pas trop se préoccuper de lui, car sa fin est inévitable. Le 6 novembre 1656, Jean-Baptiste Morin décède à Paris.

II. Ses prises de positions                            Sommaire

Durant le 15e siècle, l’arrivée de l’humanisme et, avec ce courant, la philosophie de la liberté de pensée de l’homme, on voit naître des oppositions marquées contre l’astrologie.

Pic de la Mirandole, italien humaniste, condamne l’usage qui est fait de l’astrologie, car selon lui elle soumet l’esprit de l’homme à la matière. Il pense que l’astrologie empêche la pureté de l’esprit qui permet de s’élever vers Dieu puisque les astres semblent répondre à un sort implacable et ignorent les bonnes œuvres et la prudence de l’homme qui peuvent le rapprocher de Dieu (en opposition avec les idées luthériennes qui se développeront par la suite).(2)

Cette vision philosophique œuvre encore au 16e et 17e siècles amplifiée par les conflits entre catholiques et protestants (3) conduisant à une recherche de purification de l’astrologie démarquée par deux tendances :
– le retour aux sources antiques en adéquation avec l’humanisme,
– une astrologie réformée.

En parallèle de cela, les avancées astronomiques avec Copernic, Galilée, Kepler, Tycho Brahé et la recherche d’une plus grande précision amènent des oppositions. Gassendi, par exemple,  cherche à écarter les influences astrales, comme les marées, de l’explication des phénomènes terrestres, ne voulant expliquer le terrestre que par le terrestre et considérant que seul un occultiste comme J.-B. Morin peut  croire en de telles sornettes. Une opposition virulente naît entre les deux hommes.

Morin s’oppose également à Galilée au sujet de son concept d’une terre en mouvement, laquelle permettait dans la foulée d’accepter l’hypothèse que «la terre tourne autour du Soleil» comme l’avait avancé précédemment  Copernic (système héliocentrique).

De surcroît, J.-B. Morin s’oppose à certains concepts bien ancrés de l’astrologie de son temps afin d’œuvrer pour une astrologie plus rationnelle. Il s’oppose ainsi à la tradition arabe et à la complexité de ses parts. Il s’oppose aussi à Bourdin qui préconise un retour à l’astrologie de Ptolémée, contestant l’origine du Centiloque traduit par lui et que Bourdin nomme «Centilogue», ouvrage que Morin ne peut concevoir comme étant de Ptolémée. Pour lui, il ne fait aucun doute que le Tétrabiblos et le Centiloque ne proviennent pas du même auteur. Il s’en prend aux commentaires de Bourdin sur les aphorismes et est en complet désaccord avec certains d’entre eux. Il s’oppose enfin à certaines méthodes de Ptolémée, reprises dans le Tétrabiblos, mais, en parallèle, il dresse également les thèmes de nouvelle lune précédant la naissance tel que le conseille celui-ci. Comme lui, il est dubitatif sur les triplicités. Alors que Ptolémée donne une version personnelle des termes, après avoir étudié ceux des Chaldéens et des Égyptiens, Morin les rejette purement et simplement ainsi que les décans égyptiens.

Bref, Morin est un contestataire, un agitateur qui ne se contente guère de rester à l’abri dans le dogme et qui se fait de nombreux ennemis du fait de prises de positions radicales.

III. Ses contributions astrologiques                      Sommaire

Nous l’avons vu précédemment, Morin est contraint d’apprendre l’astrologie.

Astrologie qu’il étudie pendant une dizaine d’années de manière empirique pour en conclure que la manière pratiquée jusque-là n’a aucun sens et pour finir par établir quelques principes rationnels qui selon lui, permettent de distinguer ce qui est vrai de ce qui est faux. Il déclare que ces vrais principes ont été innovés par lui et ne figurent dans aucun écrit antérieur. Il est impossible de résumer en un seul article l’intégralité de l’œuvre de Morin, réunie en 26 volumes dans «l’Astrologia Gallica», mais voici un aperçu de son travail.

A/ La domification

Une différence fondamentale qui le sépare de la tradition antique est le système de domification.

Au cours du  16e siècle, différentes domifications cohabitent, bien qu’il existe une volonté pour aboutir à une domification standard (combinant l’équateur et l’écliptique) et nommée  Regiomontanus (du nom de son auteur). Cette dernière fut utilisée par Morin. Cette domification trouve comme seul opposant la domification égale antique défendue par différents astrologues du 17e siècle  tels que Bourdin.

À l’époque antique, les maisons semblent être déterminées par plusieurs découpages que l’on retrouve dans l’«Astronomicon» de Manilius: d’une part, les temples (4) (selon la position des  points cardinaux) gouvernés par des dieux, d’autre part, les lots (selon la position de la part de fortune) déployés suivant la roue du zodiaque (domification zodiacale) et qui n’ont pas exactement les mêmes significations que les temples.

Il semble que différents systèmes de découpages (par 8 ou 12 maisons : octopos et dodekatopos) étaient présents dans la tradition grecque et Manilius paraît faire un mélange de ces systèmes (5). On peut supposer que le début du premier temple se situe à l’ASC , que Ptolémée fait évoluer en plaçant le début de la maison I (temple) à 5° degrés avant celui-ci. Ptolémée décrit également une domification secondaire au départ des planètes et de la part de fortune : les lots ainsi établis ne sont cependant plus zodiacaux, la planète étant considérée comme le point de l’AS et les maisons développées de la même façon. (6)

Il cohabite donc deux domifications différentes, l’une antique (maisons égales) et l’autre utilisée par Morin, celle de Regiomontanus, comme on peut le vérifier dans les thèmes présentés dans son manuscrit.
 
L’équateur est divisé en 12 parties égales et de grands arcs sont dessinés à partir de ces divisions. Les points d’intersections de ces cercles avec l’écliptique (le cercle du zodiaque) représentent les cuspides des maisons.

Morin réalise également par jeu mathématique un nouveau système de domification que l’on nomme «Morinus».Ce système est sensiblement le même que celui de Regiomontanus à la différence qu’il ne commence pas avec l’ascension, mais bien au véritable orient (l’ASC n’est pas souvent au véritable orient). De ce fait, les maisons ne sont pas de tailles égales, le  MC ne correspond pas à la cuspide de la  10e  maison, l’AS ne correspond pas à la cuspide de la première maison.

JB Morin
Né le 23 février 1583

Ses révolutions solaires

Révolution solaire 1605 original
22 février 1605
Révolution solaire de 1613 original
22 février 1613
Révolution solaire 1629 original
22 février 1629
(1)1493: Livres interdits par Hugues de Talaru 
    archevêques de Lyon.
    1559: Catalogue des livres interdits par le
    Pape Paul IV.
    1570: interdiction de publication pour
    Cardan
Révolution solaire 1645 original
22 février 1645
Villefranche sur Saône 16ème s
(2) Luther considère que seule la foi peut faire de l’homme un bon chrétien et que les bonnes œuvres ne peuvent rien y changer.
Calvin ira jusqu’à considérer ses disciples comme des élus de Dieu dont le destin était déjà tracé.

(3)Alexandre De Angelis, père jésuite, écrira cinq livres contre l’astrologie

Système de tycho Brahé

Système de Copernic
Aristote, Ptolémée, Copernic

Domification de JB Morin
(4) Astrological houses du Dr Shepherd Simpson.
(5) Les 8 Maisons (2/2) : Le Dominion  par Patrice Guinard.
(6)Tetrabiblos livre IV 5 : «Res autem filorium particulares perexistimationem deprehendi possunt cum planetam filiotu datorem in loco ascendentis posuerimus : Tucetenim cuncta filiorum particulari quemadmodum ex nativitate jciuntur generaliter agnoscemus» «Si la compréhension des particularités des enfants est insuffisante : il  est  possible par les planètes des enfants, données pour lieu ascendant, en observant les particularités des enfants, de tirer des déductions comme dans le cas d’une nativité. »


Tabula Regiomontanus 15ème s

Voici un tableau reprenant les différentes significations des maisons selon l’époque.
s

Avant Manilius

 1er siècle après J.-C

 2e siècle après J.-C.

s

 17e siècle après J.-C.

s

Les dodekatopos chez les Grecs (5)

Temples selon Manilius

(4)
Lots
selon Manilius (4)

Maisons
(repris du Tetrabiblos de Ptolémée)

Maisons
(repris du Centiloque présumé de Ptolémée)

Maisons
selon
J.-B. Morin (8)

1

Anatole(7)
Lever
Lieu pivot
Enfants

Fortune, maison

Ce qui naît, la jeunesse, le corps

Le Moi, le corps

Vie, proportion du menton, état de santé, manière d’agir, dispositions naturelles

2

Ana Phoga(7)
Porte inférieure

Lieu néfaste

Trône de Typhonis (turbine)

Prix de la guerre

S

Ce que l’on reçoit, ce qui rentre

Richesses, or, matériel, outils, verseur d’eau (sensibilité), la soif (l’avidité)

3

Thea (5)
Desse
Lieu secondaire

Frères

Affaires, commerce

Déplacements
(avec la Lune)

S

Frères, proches

4

Upogeion (7)
Fond du ciel
Lieu pivot          

Père et anciens

La loi    

L’inertie, la paresse

La demeure

Parents, successions

5

Agathê tuchê (5)
Bonne fortune
Lieu secondaire

Santé et maladies

Mariage, amitiés

S

S

Libres voluptés corporelles

6

Kakê tuchê (5)
Mauvaise fortune
Lieu néfaste

Porte du travail

Moyens

Déplacements
(avec la Lune)

Le serviteur, l’oncle

Serviteurs, subalternes, animaux domestiques

7

Ducis
(Diametrom Dutikom) (7)
Coucher
Lieu pivot

Décès

Dangers

Les lois, les personnes âgées et ceux sur le point de mourir

Le médecin, l’astrologue, le grand-père

Conjoints, ennemis connus, procès, litiges

8

Epikata Phoga (7)
Porte supérieure
Lieu néfaste

Trône de Typhonis (turbine)

Rang social

S

La perte, ce qui sort

Mort

9

Theos (5)
Dieu
Lieu secondaire

Accidents

Enfants

Theos
Deus
Dieu,
déplacements
(avec la Lune)

S

Religion, voyage

10

Mesouxaria (7)
Milieu du ciel
Lieu pivot

Mariage

Caractère

Affaires religieuses, des rois et des princes. La fleur de l’âge.
L’emploi, la profession

Le chef, l’emploi, la profession, la popularité

Action, profession, dignité et gloire

11

Agathos daimôn (5)
Bon esprit
Lieu secondaire

Bonne fortune

Santé et maladies

Agathos daimôn
Bonusdaemon
Bon esprit

Les aidants et dépendants de la X, l’administration

Amis

12

Kakos daimôn (5)
Mauvais esprit
Lieu néfaste

Porte du travail

Succès

Kakos daimôn
Mala  daemon
Mauvais esprit
Déplacements
(avec la Lune)

S

Maladies, prison, exil, ennemis cachés, épreuves

N
O
T
E
S

Il existe de légères variantes de noms selon Paulus Alexandrinus (IVe siècle)et Rhetorius (VIe siècle), mais pas dans leurs qualités.

(7) Selon la traduction du texte de Julius Firmicus Maternus ( IVe siècle) par Jean Hiéroz d’après un extrait datant de 1533, page 31, repris dans La Vraie Domification en Astrologie de Maurice Nouvel, 1991.

S

S

Ptolémée ne se préoccupe pas de la signification des maisons, mais certaines références indiquent que ses connaissances des maisons sont celles  des temples Grecs.

Il n’est pas certain que le Centiloque soit de Ptolémée et l’on peut remarquer que les significations des maisons sont fort proches de celles de J.-B. Morin.
La maison II,  par exemple, est néfaste chez les grecs ; or, ici, rien ne semble l’indiquer.

Les significations font parties de celles que nous utilisons de nos jours.

(8) J.-B. Morin, Astrologia Gallica, 1661

Morin nous explique à travers son thème que l’amas de planètes en XII en domification Regiomontanus se retrouve, en domification égale, dans la maison XI. Pour lui, cet amas en maison XI lui aurait apporté facilités et avantages par des amis, des princes et par le roi et ne lui aurait pas fait connaître une vie d’épreuves telle qu’il a connue. Épreuves par les ennemis, les maladies graves et, à 16 reprises, ayant effleuré la mort, sans compter la servitude qu’il retrouve parfaitement avec cet amas planétaires en XII. Cependant, il eut l’appui de personnes influentes grâce à ses connaissances, à sa loyauté ou tout simplement par sympathie : il justifie cela par le thème de nouvelle lune précédant sa naissance : un amas planétaire en XI (en domification Regiomontanus) y est présent.


B/ Les triplicités                                                        
Sommaire

Le travail novateur de Morin repose particulièrement sur la notion de triplicité, qu’il appelle également trigonocratie ou trinité, une notion cabalistique qui lui fait considérer cet aspect comme parfait, tel que l’enseigna Aristote au  4e  siècle avant J.-C.


«L’éternelle Trinité est infinie d’Amour, elle est la fontaine et la substance de l’infini et le plus parfait Amour, dans lequel une chose est aimée (…) pour cela le trigone est perfection.» (9)


Sa subdivision des maisons du zodiaque ne peut être que par douze, car répondant à deux notions importantes :

La première considère un découpage cardinal et est déterminée par les axes de manière naturelle:


ASC (est), DS (ouest) en passant par le MC (sud) et pour finir par le FC (nord).

Cette découpe en quatre parties du zodiaque détermine le temps inscrit dans le thème natal, car basé sur le lever du Soleil, au point de rencontre entre l’écliptique et l’équateur, c’est-à-dire l’ASC:
– l’Asc à l’est représente le début de toutes choses, la vie;
– la montée au MC, le sud, la jeunesse;
– la descente vers le DS, l’ouest, le mariage;
– la nuit au FC, le nord, la vieillesse;


La seconde considération est basée sur les triplicités donnant une autre approche des cycles temporels des maisons et basée sur le premier découpage (4 x 3 = 12). Elles sont au nombre de quatre:


La triplicité de vie :
Maison I = la vie
Maison IX = la vie en Dieu
Maison V = la vie dans la prospérité

La triplicité d’action ou jeunesse :
Maison X = honneur et pouvoir
Maison VI = servitude
Maison II = gains matériels dus au travail

La triplicité de mariage et d’amour :
Maison VII = l’association
Maison III = les liens de sang
Maison XI = les liens d’amitié

La triplicité de la tombée de la nuit :
Maison IV = la souche originelle et donc l’attente naturelle de la mort des parents
Maison XII = les ennemis de la vie ou la vallée des misères
Maison VIII = la mort de l’homme lui-même

La succession de ces triplicités se fait dans l’ordre de l’équateur qui régit le temps et les choses naturelles, mais en parallèle se trouve également l’ordre de l’écliptique, qui suit le mouvement des planètes dans les signes et qui représente donc ce que l’homme est enclin à faire.


Par exemple, à travers la mort temporaire de la maison VIII, l’homme est amené à comprendre qu’il faut vivre avec Dieu en lui, jusqu’à sa mort, de sorte qu’il ne peut y avoir de temps intermédiaire entre la mort et la vie avec Dieu (IX).

Outre ces découpes, Morin fait remarquer qu’en ce qui concerne l’interprétation d’une maison, il est nécessaire d’interpréter également la maison opposée. Il nous explique qu’il est ridicule d’interpréter la maison des gains reçus (II) sans regarder la maison des biens des autres (VIII).


Morin applique également la notion de triplicité à travers les dignités,  héritage de sa confrontation avec Aristote et de sa recherche dans les concepts de la tradition antique représentée par Dorotheus de Sidon, Antiochus ( 1er siècle avant J.-C.) puis repris par Ptolémée. (10)

Les triplicités selon Dorotheus

Jour

Nuit

Assistant

Feu

Soleil

Jupiter

Saturne

Terre

Vénus

Lune

Mars

Air

Saturne

Mercure

Jupiter

Eau

Vénus

Mars

Lune


Morin ne peut concevoir par exemple que Saturne soit assistant en Bélier alors qu’il est en chute dans ce même signe.
 
On peut retrouver dans son manuscrit les différentes sources dont il s’est servi  pour illustrer la problématique des planètes en triplicité.

Les triplicités selon divers auteurs

Ptolémée ( IIe siècle après J.-C.), Arabes (à partir du  IXe siècle) Schönerus ( XVe siècle)


Comme pour les maisons, Morin applique le principe de l’aspect parfait de triplicité et établit le tableau suivant :

Les triplicités selon J.-B. Morin

Jour

Nuit

Assistant

Feu

Soleil

Mars

Jupiter

Terre

Mercure

Saturne

Vénus

Air

Saturne

Vénus

Mercure

Eau

Jupiter

Lune

Mars

C/ L’interprétation                                                    Sommaire

La principale divergence entre Morin et les astrologues de son époque se situe au niveau des significateurs.
Ces astrologues suivent principalement les concepts de Ptolémée. Cependant, Morin considère ceux-ci comme simplifiés et préfère remplacer la théorie des significateurs universels par une théorie élaborée de significateurs accidentels résultant des maisons.

Chez Ptolémée, un domaine est étudié en fonction des planètes qui le représentent (ex : Lune, Jupiter, Vénus pour les enfants) qui est «bon ou mauvais» selon la position en maisons (les angles, l’approche du point culminant étant plus positif, ainsi que la zone orientale), selon leurs positions en signes (ex : pour les enfants, les signes féminins et bi-corporels sont plus positifs) et, enfin, selon le maître du signe où se trouvent les planètes significatrices (Tetrabiblos : Livre IV chap. V).

On remarquera qu’il utilise les maisons seulement au travers des critères suivants:


Maisons cardinales et succédentes : positives
Maisons cadentes : négatives
Maisons diurnes : positives
Maisons nocturnes : négatives
Maisons orientales : positives
Maisons occidentales : négatives
L’AS et le MC sont positifs et le FC et DS sont négatifs (du moins dans certaines questions).

Nous trouvons chez Bonatus, au  13e siècle, la notion qu’un significateur, maître d’une maison, emporte avec lui la signification de cette maison dans la maison où il est situé comme une entité propre. Par exemple, Mars significateur de la maison II en maison X apporte la richesse par le combat dans sa profession. (voir la considération 80).

Chez Morin, utilisant principalement cette considération de Bonatus, une planète aura selon lui également une signification particulière en fonction de la maison où elle est placée et non plus seulement en fonction de ce qu’elle représente de manière universelle.
 
Si Mars représente le guerrier, celui-ci dans la maison X parle de la carrière, cependant en maison XII, il parle des ennemis ou des amis en fonction de l’état céleste de Mars (en maîtrise ou exil).
Reste que dans sa conception, Mars tout comme Saturne, représente le négatif et l’ablation (= son corps), s’ils se trouvent sans dignités (= son état céleste), sans de bons aspects (= ce qui l’influence), cela a pour conséquence que la maison qu‘il occupe connaît négativités et privations. En l’occurrence, la maison XII, occupée par un amas planétaire comprenant Saturne, représente forcément une épreuve liée à la maîtrise des planètes qui occupent cette maison (selon Bonatus) : par la famille (IV), la profession (X) ou encore les amis et appuis (XI), pour ne donner que quelques illustrations. Si cet amas avait été en maison XI, il aurait eu au contraire des amis par ces maisons (IV, V, VIII, X, XI).

Nativité de J.-B. Morin

Liber XVII Sectio I
Astrologia Gallica Liber XVII sectio I

(9) La Kabbale des Douze Maisons astrologiques par Jean-Baptiste Morin, traduit par George Wharton, 1659.
Domification de JB Morin
Portae Lucis

(10) On pense que le travail de Ptolémée a pu être élaboré grâce à la bibliothèque d’Alexandrie fondée en 322 avant J.-C. qui était alimentée par des manuscrits du monde entier. Ptolémée n’est pas réellement un créateur en matière d’astrologie, mais plutôt un rassembleur des connaissances du passé qu’il synthétise en un traité organisé.
Les Grecs, par contre, ont été reconnus coupables de plagiat depuis Thalès (autour de -6OO). Thalès s’était déjà rendu en Égypte et expliquait à Pythagore, qui voulait le rencontrer, qu’il détenait son savoir des prêtres égyptiens et que pour être savant, il fallait se rendre en Égypte.

Depuis, beaucoup de Grecs, par désir de gloire et de fortune, s’étaient rendus en Égypte. Ils traduisaient en grec les écrits en hiéroglyphes, mais n’avaient pas toujours la compréhension de ce qui y était  développé et prenaient de ce fait des raccourcis allant directement à la conclusion, tentant de fournir des explications intermédiaires pour justifier leurs soi-disant découvertes.
Lors de la fondation de la bibliothèque d’Alexandrie, sous le règne des Ptolémée, les écrits reçus grâce aux voyageurs qui s’arrêtaient au port étaient traduits en grec et représentaient un travail colossal. Dorotheus précède Ptolémée et aurait pu avoir accès à cette bibliothèque. Seulement, rien n’est sûr, car la région a été assez perturbée à l’époque et une partie des manuscrits aurait, semble-t-il, déjà été détruite vers -47 lors de l’incendie du port d’Alexandrie. Cependant, Ptolémée semble avoir eu accès à un certain nombre de documents antiques.
Les historiens sont assez divisés en la matière, mais il semble que la destruction de la bibliothèque ait eu lieu vers 391 lors des conflits opposant paganisme et christianisme. Selon Pingree les Arabes ont repris les travaux de Dorotheus et les ont traduits en arabe pour nous être retransmis partiellement.

L'école d'Athène 1509 Sanzio Raphaëllo

L’école d’Athène de Raphaello 1509

Platon dans l'école d'Athène Aristote dans l'école d'Athène
Platon                            Aristote
Ptolémée dans l'école d'Athène
Ptolémée

Pour un plus large éventail des règles astrologiques de J.-B. Morin, je vous renvoie à l’article «les 20 règles d’or de J.-B. Morin» par Philippe Régnicoli

Retrouvez également une lecture moderne du thème natale de J.-B. Morin par Philippe Regnicoli

 
 
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